Les portraits de Tonia Cariffa fréquentent l'invisible.
Ils cernent cette zone mystérieuse où l'être se dilue dans l'espace imaginaire qui lui tient lieu d'intérieur et qui apparaît dès lors tel un paysage aux confins du regard. L'originalité de ces œuvres en fait le prix, mais surtout la sensibilité qui les habite et les fait tenir, par quelle grâce, au bord de la dissolution.
Toutefois, pour qui sait regarder, ces yeux vous fixent avec une vérité d'autant plus forte qu'ils ont traversé d'imperceptibles brouillards pour vous atteindre. Le moment vient où les portraits d'âmes de Tonia Cariffa seront reconnus comme les plus authentiques qui soient, eux qui se déjouent si fortement du réel.
C'est que le vrai doit dépasser le masque, et donc le trait et les volumes. Ici, l'on ne peut plus mentir, dénudé comme on l'est. Et pourtant quel cri !

Comme la Venise parfois, l'hiver les nuits de brume, ou encore à Londres, sur les quais lorsque le soir teinte les eaux et le ciel, c'est un appel lointain que l'on surprend, et qui lentement s'insinue en vous et vous change.

In Tonia Cariffa, ou l'autre côté du regard.
Frédéric Tristan