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"Et
c'est donc par le visage que l'oeuvre de Cariffa révèle
sa profonde originalité.
Visages de Dullin, de Gracq, de Szenes - le père spirituel -. Visage-étoile,
visages-constellation pourrait- on dire de ces lumières qui orientent
la destinée humaine. Déjà éteintes, elles
se rallument plus loin d'une clarté pure et sidérale...dans
le visage de l'autre au sourire demi-lune, un peu narquois. A peine esquissé
et pourtant magique il est tout prêt de disparaître à
son tour dans l'inconnu, l'innommé. Retenir encore un peu le visage,
la voix...mais tout se brouille bientôt et s'enfonce dans l'indistinct.
Comme des reflets dans une eau troublée, les visages mêlés
apparaissent. On songe aux masques et bergamasques du théâtre
et de la danse que Cariffa connaît bien.
Ces visages les uns dans les autres comme confondus dans l'oubli cherchent
encore leur image après bien des métamorphoses...mais leurs
miroirs sont devenus courbes. Dans cette technique personnelle, le peintre
livre encore de loin en loin et jusqu'en 1990, quelques uns de ces portraits."
In
D'un silence, l'autre. 1994
Alain Pizerra
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